L’antidiabétique METFORMINE néphroprotecteur contre l’insuffisance rénale non diabétique ?

L'antidiabétique courant metformine, inhibe la progression de l'insuffisance rénale chronique, même lorsqu’elle est « non diabétique » (Visuel Adobe Stock 40885037)

On connait le lien entre le diabète et l’insuffisance rénale chronique. Mais cette équipe de l’Université de Kumamoto (Japon) montre, chez l’animal, que l’antidiabétique courant metformine, inhibe la progression de l’insuffisance rénale chronique, même lorsqu’elle est « non diabétique » (ND-CKD : non-diabetic chronic kidney disease). Cette étude préclinique, publiée dans les Scientific Reports suggère ainsi un effet néphroprotecteur de la metformine, équivalent à celui de l’antihypertenseur losartan, indiqué pour le traitement de l’atteinte rénale chez les patients diabétiques hypertendus.

 

Ainsi, l’équipe japonaise montre que la metformine prolonge considérablement la survie chez un modèle animal de maladie rénale chronique non diabétique en rétablissant la fonction rénale et en limitant les lésions glomérulaires (rénales), l’inflammation et la fibrose. Le mécanisme de la metformine apparaît ici différent des thérapies existantes qui ne traitent que les symptômes, tels que le losartan, un médicament prescrit contre l’hypertension artérielle. Ainsi, les chercheurs suggèrent qu’une combinaison de ces médicaments à faible dose, pourrait être très bénéfique.

La combinaison metformine et losartan, un cocktail gagnant contre la « ND-CKD »

L’insuffisance rénale chronique est le résultat du déclin de la même fonction, en raison d’une protéinurie, d’une inflammation rénale ou d’une fibrose. Parmi ses principaux facteurs figurent également l’hypertension et des habitudes de mode de vie comme une pratique insuffisante de l’exercice, le tabagisme, l’hyperuricémie (excès d’acide urique) et des facteurs génétiques (mutations dans les gènes rénaux). Les options de traitement de cette dernière forme de maladie rénale chronique « non diabétique » ou ND-CKD restent limitées.

 

Le syndrome d’Alport est une maladie rénale héréditaire rare, qui fait partie des « ND-CKD ». Dans le syndrome d’Alport, des anomalies du collagène de type 4, un constituant de la membrane responsable de la filtration de l’urine dans le rein, provoquent une filtration glomérulaire anormale qui se traduit par un déclin chronique de la fonction rénale. Le syndrome évolue finalement vers une insuffisance rénale terminale, nécessitant une dialyse ou une greffe de rein. Comme la maladie rénale diabétique et la ND-CKD, le syndrome d’Alport est traité en maintenant la fonction rénale à l’aide d’antihypertenseurs, mais la maladie finit toujours par dégénérer en insuffisance rénale terminale.

Il existe donc un vrai besoin thérapeutique, pour un médicament efficace et sûr sur le long terme.

La metformine, un antidiabétique utilisé couramment dans le traitement du diabète de type 2, agit en améliorant la sensibilité à l’insuline. Le médicament peu coûteux et sûr ? Au fil des études, la metformine a révélé des capacités protectrices contre de nombreuses maladies impliquant l’inflammation et la fibrose. Ses bénéfices ont également déjà été documentés dans le traitement de l’insuffisance rénale diabétique. Cependant, ici, sur un modèle animal, la metformine se révèle bénéfique aussi dans le traitement de l’insuffisance rénale chronique non diabétique.

 

L’effet néphroprotecteur de la metformine-chez l’animal : sur une souris modèle du syndrome d’Alport, l’équipe montre que l’administration de metformine ou de losartan permet de supprimer de manière significative la protéinurie et la créatinine sérique, qui sont des indicateurs de la CKD. L’inflammation et la fibrose, qui réduisent également la fonction rénale, se sont considérablement réduites. De plus, la metformine a un effet néphroprotecteur similaire à celui du losartan.

 

Quel mécanisme d’action ? L’analyse de l’expression génique révèle que la pathologie rénale est associée à une expression anormale de gènes liés aux cellules épithéliales glomérulaires (cellules responsables du filtrage rénal) et aux gènes impliqués dans le métabolisme intracellulaire. Et la metformine améliore l’expression de ces gènes-un mécanisme d’action très différent -et complémentaire- de lui du losartan.

 

Enfin, la combinaison de faibles doses de metformine et de losartan administrée à ces souris modèles permet de prolonger considérablement leur survie. Cette étude préclinique suggère ainsi que la metformine, un médicament diabétique éprouvé et peu coûteux, peut retarder la progression de la pathologie rénale dans l’insuffisance rénale chronique non diabétique, dont le syndrome d’Alport.

Source: Scientific Reports 29 March 2021 DOI :10.1038/s41598-021-86109-1 Metformin ameliorates the severity of experimental Alport syndrome

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Équipe de rédaction Santélog

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