RISQUE CARDIAQUE : Le tour de taille plus que l’IMC !

Plus le tour de taille et la graisse abdominale augmentent et plus le risque de maladie cardiaque s’élève, même si l'IMC n’atteint pas le seuil de l’obésité (Visuel Fotolia 66003983)

Plus le tour de taille et la graisse abdominale augmentent et plus le risque de maladie cardiaque s’élève, même si l’IMC n’atteint pas le seuil de l’obésité. Ainsi, les personnes présentant une adiposité abdominale et un excès de graisse viscérale encourent un risque accru de maladie cardiaque même si leur indice de masse corporelle (IMC) se situe dans la fourchette d’un poids de santé, souligne ce nouvel avis scientifique de l’American Heart Association (AHA) publié dans la revue Circulation.

 

Dans le monde, environ 3 milliards de personnes sont en surpoids (défini par un IMC compris entre 25 à 29,9 kg / m2) ou sont obèses (IMC> 30 kg / m2). L’obésité est une maladie complexe liée à de nombreux facteurs, dont des facteurs biologiques/génétiques, psychologiques, environnementaux et sociétaux. L’obésité est associée à un risque accru de maladie coronarienne et de décès de maladie cardiovasculaire et contribue à de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire et à d’autres problèmes de santé, dont la dyslipidémie (taux de cholestérol élevé), le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et les troubles du sommeil. Enfin, l’obésité peut provoquer une fibrillation auriculaire, un rythme cardiaque tremblant ou irrégulier. Les estimations suggèrent que l’obésité pourrait représenter un cinquième de tous les cas de fibrillation auriculaire.

 

Cet avis apporte les plus récentes données sur la relation entre l’obésité et le traitement de l’obésité dans les maladies coronariennes, l’insuffisance cardiaque et les arythmies, résume l’auteur principal,  le Dr Tiffany M. Powell-Wiley, Directeur du laboratoire des déterminants sociaux de l’obésité et des risques cardiovasculaires du National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI/NIH) : « Aujourd’hui, l’épidémie d’obésité contribue de manière significative au fardeau mondial des maladies cardiovasculaires et d’autres comorbidités chroniques qui ont également un impact sur les maladies cardiaques ».

Mieux comprendre l’obésité et son impact cardiovasculaire

C’est donc l’obésité abdominale, ou adiposité viscérale qui est ici désignée comme marqueur de risque de maladie cardiovasculaire. L‘obésité abdominale est déterminée par le tour de taille, le rapport du tour de taille à la taille du corps et/ou le rapport taille / hanches. L’obésité abdominale prédit donc le risque de maladie et de décès cardiovasculaire indépendamment de l’IMC.

 

Evaluer à la fois la graisse abdominale et l’IMC lors des consultations de routine, permet donc de détecter le risque cardiovasculaire, y compris chez les patients ayant un poids santé. Enfin, l’obésité abdominale est également liée à une accumulation de graisse autour du foie (maladie du foie gras) qui conduit souvent à une stéatose hépatique non alcoolique, un autre facteur de risque de maladie cardiovasculaire.

 

Sur le paradoxe de l’obésité : les chercheurs précisent que l’adiposité abdominale est un tel facteur de risque cardiovasculaire que des personnes en surpoids ou obèses « selon l’IMC », mais ne présentant que de faibles niveaux de graisse abdominale et viscérale, le risque de maladies cardiovasculaires pourrait rester faible.

C’est le concept « d’obésité métaboliquement saine».

Le concept de « paradoxe de l’obésité » suggère que même si le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque importants pour le développement de maladies cardiovasculaires, ils ne sont pas toujours facteur de résultats cardiovasculaires négatifs. D’autant que les personnes souffrant de surpoids ou d’obésité sont souvent dépistées plus tôt pour les maladies cardiovasculaires que les personnes ayant un poids de santé, ce qui permet des traitements plus précoces.

 

Mais « il ne faut pas se leurrer », indépendamment de l’existence de ce paradoxe chez certains patients, les données montrent que les patients souffrant de surpoids ou d’obésité souffrent en général d’événements cardiovasculaires à un âge plus précoce, vivent sur une plus longue durée avec une maladie cardiovasculaire et ont une durée de vie moyenne plus courte que patients de poids de santé.

 

Quelles interventions contre la graisse abdominale ? Afin de documenter cet avis, les experts ont évalué les preuves disponibles sur la gestion et le traitement de l’obésité, en particulier l’obésité abdominale. Parmi les principales conclusions de cet examen,

 

  • la réduction de l’apport calorique peut réduire la graisse abdominale ;
  • l’activité physique la plus bénéfique pour réduire l’obésité abdominale est l’exercice aérobie : le respect des recommandations actuelles de 150 min / semaine d’activité physique peut être suffisant pour réduire la graisse abdominale ;
  • l’exercice ou la combinaison d’un régime alimentaire sain et la pratique de l’activité physique peuvent permettre de réduire l’obésité abdominale sans forcément perdre du poids ;
  • ces changements de mode de vie et la perte de poids qui peut en résulter vont améliorent la glycémie, la pression artérielle, les triglycérides et le cholestérol, soit un ensemble de facteurs regroupés sous le terme de syndrome métabolique ;
  • ces changements de mode de vie et la perte de poids permettent également de réduire l’inflammation, d’améliorer la fonction des vaisseaux sanguins et de réduire le cas échéant, la stéatose hépatique non alcoolique. Mais ils n’ont pas montré d’effets significatifs de réduction des événements coronariens (crise cardiaque ou douleurs thoraciques) ;
  • la chirurgie bariatrique enfin, ou chirurgie de perte de poids est associée à une réduction du risque de maladie coronarienne par rapport à la perte de poids non chirurgicale. Cette différence peut être attribuée à une perte de poids plus importante et aux changements métaboliques typiques après une telle procédure.

 

Des pistes de recherche future : elles comprennent l’étude plus approfondie des interventions de mode de vie qui pourraient être les plus efficaces pour réduire l’adiposité viscérale et améliorer les résultats cardiovasculaires.

D’autant que la prévalence du surpoids et de l’obésité augmente chez les adolescents du monde entier, il est donc essentiel de développer de telles interventions de prévention.

Source: Circulation 22 Apr 2021 DOI : 10.1161/CIR.0000000000000973Circulation Obesity and Cardiovascular Disease: A Scientific Statement From the American Heart Association

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Équipe de rédaction Santélog

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