COVID-19 : Détecter l’ARN viral dans la poussière pour suivre le virus à la trace

Analyser la poussière, une nouvelle option pour surveiller la diffusion de l’épidémie de COVID-19 au sein de bâtiments spécifiques, comme les hôpitaux ou les écoles ? (Adobe Stock 334088715)

Plusieurs études ont confirmé la présence de l’ARN du SARS-CoV-2 sur des surfaces contaminées, dans les hôpitaux par exemple, et on sait que le virus peut se propager par contact, entre personnes infectées et indirectement par contact avec des surfaces fréquemment touchées. Cette équipe de l’Ohio State University propose de détecter maintenant le virus …dans la poussière. L’étude, publiée dans la revue mSystems, montre précisément que l’ARN viral, une partie du matériel génétique du virus, peut persister jusqu’à un mois dans la poussière et constituer ainsi une trace précieuse du passage du virus.

 

L’étude n’a pas évalué si la poussière pouvait transmettre le virus aux humains. Mais elle suggère une nouvelle option pour surveiller la diffusion de l’épidémie de COVID-19 au sein de bâtiments spécifiques, comme les hôpitaux ou les écoles. L’auteur principal, Karen Dannemiller, professeur de génie civil, environnemental et de sciences de la santé environnementale à l’Université d’État de l’Ohio est spécialiste de l’étude de la poussière et de l’analyse des microorganismes qui s’y développent. « Nous avons passé tellement de temps à étudier la poussière que nous avons su identifier le matériel génétique du coronavirus ».

4 semaines après les prélèvements, l’ARN du virus ne s’est pas désintégré

Les chercheurs ont collecté des échantillons de poussière dans différents sites publics et privés. Ils ont trouvé du matériel génétique du virus SRAS-CoV-2 dans 97% des échantillons de poussière en vrac et dans 55% des écouvillons de surface. L’équipe de recherche a testé les échantillons peu de temps après leur prélèvement, puis les a testés à nouveau chaque semaine. 4 semaines plus tard, l’ARN du virus était toujours détectable. « Nous avons été surpris de pouvoir encore détecter l’ARN du vurus plusieurs semaines plus tard ».

 

Quel risque de transmission ? Une partie du matériel génétique du virus persiste en effet dans la poussière, « mais il est probable que l’enveloppe qui entoure le virus se décompose avec le temps dans la poussière ». Sans enveloppe, la transmission du virus aux humains est impossible.

 

Un autre mode de surveillance de la propagation de l’épidémie au sein de complexes et de bâtiments : un mode de surveillance proche de celui de l’analyse des eaux usées qui permet d’évaluer la prévalence du COVID-19 dans une communauté donnée : de la même manière, du matériel génétique et des fragments du virus se retrouvent dans les déchets humains, et en testant les eaux usées, il est possible de détecter la circulation du virus. La poussière pourrait ainsi constituer un autre « terrain »  jusque-là négligé pour détecter la présence du virus dans les établissements de soins et les maisons de retraite.

 

Tester la poussière à l’intérieur des bâtiments est peu coûteux et apparaît une bonne option pour certains bâtiments qui reçoivent des publics plus vulnérables.

Source: mSystems 13 April, 2021 DOI: 10.1128/mSystems.01350-20 Indoor Dust as a Matrix for Surveillance of COVID-19

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Équipe de rédaction Santélog

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